L'avis de Ranska

24 sept. 2015

Je profite de mes vacances pour revenir par là comme si de rien n'était. 

C'est un peu le bordel dans les avis, il y en a que j'ai perdus je ne sais où, d'autres qui attendent leur pouple... et un moment je me disais que ça serait bien que je poste un peu autre chose ici, enfin bref, je vais essayer d'organiser ça mieux un jour de pluie et d'en reposter plus souvent. En attendant je vous poste celui de Ranska (merciiiii), c'est un peu décousu parce que j'ai collé des bouts de ce qu'elle a mis sur la page Facebook, puis j'ai accompagné ça d'un poulpavis customisé sous Paint. Artisanat local, tout ça. 

Je suis agréablement surprise, c'est une lectrice qui a accroché à ma façon bizarre de fonctionner, ce qui évite le sentiment du "Mais ça démarre quand ? Et c'est quoi l'intrigue au fait ? Je comprends pas, d'habitude on me la met sur un plateau fluo et me tend une loupe, là on dirait que ça change tout le temps, grrr, c'est quoi cette auteur qu'a rien compris à la vie, grrrr ?!" (erf désolée les gens, je voulais pas vous faire de mal, juste jouer un peu avec vous :( )

Mais c'est aussi quelqu'un qui eu l'idée saugrenue de relire un coup pour voir les autres degrés de lectures (comme Christine). Du coup, rien de ce qui perturbe le lecteur de fantasy classique ne l'a perturbée. C'est dingue !

J'avoue que je ne m'attends pas à ce qu'un lecteur soit assez masochiste pour relire un livre qu'il vient de finir, mais en même temps, j'admets laisser des p'tits trucs et destructurer ma construction en partie pour ça, et aussi parce que, forcément, je dois beaucoup me relire et j'ai pas envie que ça me fasse trop chier, j'ai envie d'être surprise, d'oublier et de redécouvrir des trucs etc. Aussi, normalement, une relecture permets de deviner certains trucs qui n'ont pas été dits et que "j'ai pas compris c'est trop confus on comprend rien."
J'aime bien jouer comme ça avec le texte, les degrés de lecture, et les gens, au pire ça n'amuse que moi sans trop gâcher le reste, mais quand je tombe sur une lectrice qui veut bien jouer avec moi, c'est youpidoulescaramelsmous toutpartout !


"Reçu il y a une heure (merci Amazon) et attaqué aussitôt. Je me force presque à faire une pause tant je crains de l'achever trop vite. L'ébauche du premier chapitre lu en avant première entre deux rp sur kirin tor il y a quelques années m'avait déjà scotché, je ne puis qu'admirer à quel point le contenu a été affiné depuis. Allez, j'attaque 'Soirée costumée' après une pause et je range Damien Loch juste à coté de Neverwhere de Gaiman, ils s'entendront très bien tous les deux :)

C'est un régal, je ris toutes les deux pages, on a l'air con mais fichtre, ce livre fait un bien fou. [...] Une semaine que je l'ai terminé et je vais le relire. On s'attend à quelque chose et paf, un autre truc survient, à chaque chapitre. Un peu comme si on mordait dans une pizza, qu'on y trouvait le gout d'un sushi et que la texture était celle d'un caramel qui colle aux dents. La fin donne envie de sauter vers-ce-qu'il-y-a-après. Un gros GG pour cette aventure. [...]

On redécouvre l'histoire sous un autre angle de narration, ce qui en décuple la saveur. Outre cela j'ai eu l'impression d'avoir manqué d'examiner certains trucs (liens ? causalités ?) du fait que l'intrigue principale me prenait dans son torrent. J'ai d'autant plus hâte de m'y replonger. [...]
En tout cas je n'ai rien à redire perso. Situation initiale >> élément perturbateur >> péripéties toussa toussa, ça respecte le schéma normal d'une histoire et pour moi, bah l'intrigue commence tout de suite."

Commentaire(s):

  1. Coucou Shan, à vrai dire, après relecture de mes commentaires je constate que c'est plutôt moi qui suis décousue -le fait d'avoir écrit dans un état d'émerveillement tout frais tout neuf- et je remarque que je ne rends pas entièrement justice à Damien Loch même si le fond de ma pensée est fidèle (et inchangé).

    Il n'y a pas à dire, c'est un livre qui se relit, qui se re-relit, et qui se re-re-re .... (je continue pas sinon la phrase est moche), et ce précisément grâce aux éléments qui ne sautent pas aux yeux de prime abord (soit qu'on les range du coté du 'c'est pour le décor/l'ambiance/etc, soit qu'on les zappe pour rester centré sur le reste) et dont la présence n'est pas anodine. En relisant, on comprend pourquoi telle chose a été placée là, en quoi c'est marrant, en quoi ça aide, en quoi ça aide pas spécialement mais c'est spirituel, etc ... on se place davantage dans les coulisse de l'auteur qu'en tant que spectateur de l'histoire.
    Outre cela, il faut noter le caractère vif et pugnace de l'écriture dans son ensemble qui surprend par l'ironie mordante, marrante, la suggestion, et surtout cette merveilleuse impression de vaste longueur d'avance sur le premier degré -et même sur le second je dirais-. Damien Loch est un des rares ouvrages de fantasy&assimilés qui fait confiance à l'intelligence affutée du lecteur et en quelque sorte tire son imagination et sa réflexion vers le haut.
    Oui c'est dur à dire comme ça, et surtout sans spoiler, du coup je ne puis que conseiller chaleureusement de lire le livre juste en se laissant porter, comme si on regardait une série.

    Après, je ne l'ai lu que deux fois, peut-être que la troisième me laissera moins de surprises, peut-être pas, en tout cas une chose demeure, persiste et signe: ça éveille sacrément l'esprit et ça met de bonne humeur. Il y a des livres qu'on ne lit qu'une fois, celui-là met des paillettes, des bulles piquantes et des sourires malicieux dans la vie pour longtemps. Si ce blog existe encore d'ici 20 ans je re-confirmerai.

    Pour ce qui est de l'approche du lecteur de fantasy classique, eh bien c'est un sujet de conversation que je tiens en ce moment avec quelques passionnés.
    Sans entrer dans une analyse de fond, ce serait intéressant de voir avec quelle autre oeuvre fantasy on pourrait comparer Damien Loch au niveau de sa structure narrative pour comprendre en quoi il peut dérouter.
    Ne serait-ce que pour éviter d'accuser une sorte de snobbisme littéraire typiquement français très attaché à une manière classique de procéder -qui a fait ses preuves- mais qu'on aurait tort de tenir pour unique référence, à plus forte raison pour un genre non-mainstream. Mais bon, il y a du mainstream dans le fantasy art, il en faut pour tout le monde. Perso c'est pas ce que je recherche, ce qui explique sûrement pourquoi j'ai tout de suite accroché à Damien Loch et pourquoi il ne m'a pas déçue jusque dans ses aspects les plus WTF.

    Après, j'essaie de réfléchir à comment on peut ne pas voir un démarrage d'intrigue, là je ne sais pas, peut-être parce que pour beaucoup de lecteurs il faut qu'il y ait des actions nettes et évidentes pour qu'il se passe quelque chose, de loin une situation peut ressembler à un passage à vide si elle n'est pas 'action limpide' (je ne spoilerais pas Damien Loch mais pour les connaisseurs d'American Gods, c'est ce que l'on a reproché à son auteur au sujet du [spoil] moment où Ombre passe du temps dans la ville glaciale [/fin], beaucoup se sont dit 'merde il se passe rien' alors que non seulement il se passe des trucs mais qu'en plus, c'est saisissant et rebondissant à souhait.

    Et zut, je confesse que je défends peut-être un peu trop DL, parole de lectrice qui a adoré, à ma décharge ^^

    Je serai ravie d'avoir justement les avis de ceux qui ont eu un sentiment différent, c'est une autre façon cool de faire vivre le livre !



    Signé: Ranska

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  2. Merci pour ce complément de retour ! Et tu as le droit de spoiler, personne ne vient sur ce blog et personnellement, j'adore les spoilers ^^

    Ton commentaire me fait penser à plein de choses, je pense que je vais faire un mélange de "je te réponds/ je réfléchis" dans un prochain post, car en commentaire ça va être saoulant :(

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    1. (oui bon ben en fait c'est tellement long et tellement chiant que je sais pas si je le ferai, ce post sur la stylistique, les jeux de constructions, la fantasy, Aragon, Rabelais, les éditeurs, tout ça, pfffiou)

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