Salon fantastique 2013, pour une fois...

7 nov. 2013


Le week-end dernier c'était la 2eme édition du salon fantastique et la 1ère à laquelle je participais, ce fut sans regret. Je pourrais vous parler de jolis costumes, de chouettes artisans, de beaux artistes divers et variés, de joie et d'amour sur fond de petits elfes bruns. Mais ça, c'est quand vous n'êtes pas auteur.

Quand vous êtes auteur, oubliés sont les beaux stands devant lesquels flâner ainsi que l'amour de la paix en costumes douteux et brillants. Un salon, c'est la lutte (au milieu de cris guerriers ou d'un silence fourbe) pour survivre et vendre vos livres, avant que votre éditeur ne pose son regard déçu et froid sur vous et ne vous retire la garde du paquet de croissants (ou de la boîte à quiche, plus vicieux) parce que vous vendez encore moins qu'en librairie. Alors vous êtes là, suant, la voix rauque, mais continuant encore, haranguant les passants pour leur dire (mais en même temps, avez-vous vraiment le sentiment de mentir ?) que votre bouquin est génial.

Vous savez que vous venez de plonger corps et âme dans la fosse au drama de Vie ma vie d'auteur, mais vous continuez quand même. Vos amis - et collègues- auteurs (auxquels vous souriiez pourtant en arrivant sur le stand) n'en sont plus, ils sont l'ennemi à terrasser et vous laissez votre affect au vestiaire ainsi que vos scrupules car après-tout, qu'y pouvez-vous si c'est le prix à payer pour gagner une part de quiche, un croissant, et du saucisson ?

Vous vous retournez soudain fébrile vers le terrifiant et invaincu duo Callico, mercenaires d'élite inégalées, élevées au milieu des fauves sauvages des forêts d'Amérique du sud, et vous vous exclamez : "Hein ?! comment ça Vanessa et Diana en sont à leur 30e vente de la journée ? Mais il est même pas 11h17, ça a ouvert y'a moins de 20 minutes !" et dans un mouvement brusque empli d'une rage désespérée, vous empoignez le prochain passant (tant pis s'il est sourd et aveugle) et vous lui collez votre livre dans les mains en disant que ça pourra toujours caler un meuble ou allumer un bon feu, car après tout, l'hiver arrive non ?

Non loin, force tranquille, Anthelme Hauchecorne - dit le sniper solitaire - bien plus inquiétant si c'est possible, vous effraie par son assurance et son imperturbable avancée tandis qu'il inscrit nonchalamment un nouveau prénom sur un de ses ouvrages alors qu'il y a une seconde encore, vous auriez juré qu'il attendait bras croisés. Vous prenez votre gobelet de café et vous vous en aspergez le visage, non on ne vous volera pas votre rondelle de saucisson si durement méritée, puis vous faites péter quelques boutons de votre chemise (dévoilant votre poitrine charnue ou velue) afin de grappiller quelques lecteurs de plus.

Arrive sans émotion votre éditeur, qui vous tend une assiette : "Tiens mon petit. C'est bien. Presque 10 livres. Prends ton morceau de pain..." Vous mordez avec soulagement dans votre pitance, vous vous apprêtez à souffler un peu quand vous entendez son murmure "... je sais que tu peux faire mieux que ça." et aussitôt, vous reprenez votre tâche, louchant nerveusement vers un décompte peu flatteur tenu d'une main intraitable et qui pourrait, à chacun de vos regards, s'accompagner d'un gong dramatique. Quelque cruel ouvre la boîte de la quiche, s'en coupe un morceau, l'odeur vous saisit et vous donne la force de continuer. Vous espérez vous en sortir assez pour la goûter d'ici la fin de la journée.

Voilà la triste vérité.

Alors je sais, je sais qu'on vous dit plus généralement quelque chose comme : "Et voilà hihi, le salon Plop-trifoupouet est fini, c'était vraiment chouette ! J'ai fait plein de dédicaces et de belles rencontres, merci à tous, on a vu de belles choses et j'ai acheté ci et ça, hihi, et maintenant je vais manger un cupcake à l'arc-en-ciel et prendre mon bain de mousse au chocolat" mais l'on vous berne, l'on vous ment. Il était temps de varier un peu et de braver les interdits pour que la réalité d'un salon soit enfin dévoilée (quelque-dieu-faisant-référence-à-quelque-univers-de-sf/fantasy sait ce qu'il m'en coûtera). Cela me fera patienter en attendant que Zone Interdite ne vienne toquer à ma porte.

Maintenant si vous le permettez, je vais aller manger ma part de quiche.

Commentaire(s):

  1. Mon Dieu ... quelle horreur... la prochaine fois promis j'apporte une quiche ...

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  2. C'est tellement vrai ... j'ai donné aussi il y a quelques années :( Mais bon, j'y ai découvert un instrument de musique en bois avec des cordes dessus alors bon, je crache pas complètement sur la quiche :-p

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  3. En tout cas, je suis content de ce salon, où j'ai pu te rencontrer, et grâce auquel j'ai eu le plaisir de découvrir "Damien Loch" (en tout bien, tout honneur).
    Comment refuser un roman écrit par une flamboyante créature accompagnée d'un poulpe ?!
    En tout, cas je n'en suis qu'au 8ème chapitre, mais j'aime vraiment passer du temps avec Lynn. ^_^
    Seul ombre au tableau, quand je suis rentré du Salon Fantastique, une averse à trempée mon sac à dos, et mon exemplaire a quelque peu souffert... T_T
    Bon courage et bon appétit !! :p \\\\o////

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