Je voulais pas écrire Damien Loch (ou "pourquoi c'est du grand n'importe quoi")

3 mai 2013

Comme vous avez pu le constater, ça fait deux fois que je promets de causer du bouquin "dans le prochain post", et deux fois que je le fais pas. Voilà, voilà... C'est dire si je vous ai pas menti quand j'ai dit que ça me gavait ce genre de truc *insérez ici le smiley de votre choix* (c'est d'ailleurs un peu con quand il faut démarcher ou quand les gens, à juste titre, vous sortent "et alors, ça parle de quoi ton machin ?" Mais fort heureusement, je n'ai rien contre les gros moments de solitude).

Vendredi soir dernier, des moments de perplexité dans le regard m'ont été offerts avec beaucoup de tendresse. C'est encourageant pour rentrer dans le vif du sujet. Mais il faut croire que je suis d'une incroyable mauvaise volonté. Ou adepte de la procrastination. Bon. Bon, bon bon... je vais aller voir si Kek a sorti un nouveau jeu.

Alors ! Au départ, je ne voulais pas écrire Damien Loch. Voilà. Enfin, j'ai rien contre lui hein, mais... comment dire... Bon. Quand j'étais môme, j'étais bercée de contes et légendes (légendes arthuriennes, mythologie and co), des Légendes de la Mort, de fantastique, sf, fantasy, du Seigneur des Anneaux, bref. Et je me disais : "Ouééé ! Quand je serai grande, moi aussi j'écrirai une super saga épique de fantasy et tout et tout, et que ça sera trop bien !" Un truc avec des cartes faites main et tout et tout hein. De la marchandise de qualité.
Bien sûr, je ne suis jamais devenue grande, ce qui a plus ou moins entaillé ce beau projet. Et surtout, bah, je me suis rendue compte que non en fait. J'aimerais bien, hein, mais... pas moyen. J'ai un mécanisme d'auto-destruction qui s'enclenche dès lors que j'essaye d'écrire de la fantasy épique ou juste "qui a de la gueule".

S'il y a des choses que j'aime bien lire, je me retrouve incapable de les écrire. Pour diverses raisons, quand j'essaye, je n'arrive pas à croire en ce que je fais, je me sens honteuse ou énervée de mettre un truc pareil, ou plus couramment : je ne parviens pas à garder mon sérieux. Pas de problème pour entendre parler d'une reine des elfes super trop bonasse et sans défauts, et qui sait aussi sculpter la glace avec ses orteils et chanter en Sarde, mais je suis incapable de rester motivée pour écrire ça (ou alors en parodie).
Idem pour le contenu de l'histoire, j'ai un mal de chien à écrire quelque chose du type légende/fantasy épique/personnages sérieux parce que... j'arrive pas à croire à ce que j'écris, j'arrête pas de me dire qu'on voit que ça tient pas debout etc. (et je suis assez méchante avec moi-même en général). C'est ballot. Aucun problème pour le lire, je ne m'en moque pas (enfin, pas toujours). Mais alors l'écrire, je crois que je trouverais tout ridicule, trop sérieux, too much, trop "Attention, j'écris une putain de grosse histoire de oufs là, hein ? Tchoupi et Petit Ours Brun, c'est fini les gars, fini. Je fais THE saga okay ?"

Donc le projet d'écrire une super saga de fantasy, genre Le Seigneur des Trônes de la Dune du Contre-vent (en un peu moins bien, j'en ai conscience)... non. Désolée, je... 'a marche pas. J'ai déjà écrit des trucs sérieux hein (ou presque), d'ailleurs, en soi, Damien Loch, c'est plutôt sérieux (dans le fond) et assez tragico-dramatique (dans le tréfonds,  mais vous ne le savez pas encore). Mais bon. Pas complètement.

J'étais donc bloquée pour écrire the saga qui tue, mais en revanche j'étais totalement relaxée pour écrire à la place une petite histoire qui ne mangeait pas de pain (même pas celui des canards) et c'est comme ça qu'est venu Damien Loch, qui a d'ailleurs commencé sur une blague et une idée-à-la-con. Petit à petit, j'ai intégré des thèmes qui me sont chers, des univers et histoires que j'avais envie de raconter, et qui me tournaient en dedans depuis longtemps (comme une vieille gastro), ça s'est collé tout seul au récit qui prenait forme.

Ce qui m'a fait du bien, c'est justement de ne pas écrire the saga qui tue et de faire des trucs qui ne se font pas. De mettre ce qui me manquait quand je lisais une histoire : des réactions que j'aurais voulu voir parfois, des scènes que j'aurais aimé croisées, bref, tout ce que j'attendais quand je lisais une histoire mais ne trouvais pas toujours, ce qui ne me gâchait pas la lecture mais ne me correspondait pas.

En tout logique, j'ai fait un micmac qui me correspond plus : des héros geek mais qui ne sont pas des parodies de geek, une héroïne fille qui est ni girly ni caractérielle, des gens qui se plaignent quand faut marcher trop longtemps (car oui, il y en a), des faux-départs, des désillusions, des douches (mais pourquoi prendre autant de douches ?), des scènes qui ne servent à rien mais qui font partie de la vie et apportent quelque chose à leur manière (comme des scènes de douche par exemple), des dialogues que je pourrais entendre pour de vrai, avec de vrais gens qui se répètent et qui n'essayent pas de parler bien sous prétexte qu'ils savent que quelqu'un va les lire car en fait ils sont dans un roman.
Enfin bref, des choses que j'ai pu expérimenter, des choses en lesquelles je crois ou des choses qui m'énervent et dont je voulais me moquer gentiment.

Du coup, j'ai un peu tout ça qui se mélange : à la fois ce que j'aime et ce qui m'énerve. Des trucs que j'ai envie de voir dans une histoire, et d'autres que j'en ai marre de voir et donc que je mets pour pointer du doigt et les détourner. Ce qui fait un sacré fourre-tout bordélique j'en conviens, entre les trucs à prendre au 1er degré et ceux à prendre au 2nd, entre les trucs qui sont des références amusées à d'autres récits ou habitudes d'écritures, et ceux qui sont réellement au cœur de l'histoire.... Mais ça me parle et ça me suffisait comme ça (je n'avais pas encore d'ambition expansionniste à l'époque, et j'ai l'impression que je n'en ai pas encore tout à fait assez, cf ce blog très laid et ces posts au contenu anarchique et au ton peu soigné). Je ne m'attendais à ce que ça parle à d'autres qu'à moi et mes amis. Et puis ça a été un peu le cas. Et avec ça, viennent forcément les "Gnié ?"

Je pense pas qu'il faille réellement certaines clés pour comprendre le récit, je crois qu'il y a différents niveaux de lecture de toute façon et que dans tous les cas, on a la trame qui peut se suivre tranquilou (ou pas tranquilou si on n'aime pas). Je pense que le récit parlera forcément plus à une certaine génération (plus qu'à une tranche d'âge), faites de références (littéraires, cinématographiques, and co) mais que c'est pas non plus nécessaire pour s'y retrouver. Ce qui est sûr, c'est que ça n'a pas été écrit à la base pour qu'on s'y retrouve.

Je ne l'ai pas assez écrit pour les gens, pour vous. J'ai pas assez fait ma littéraire, mon auteur du XIXe, ma marquise du XVIIe qui sait pertinemment que tout le monde va lire sa correspondance et qui en plus va montrer que eh, j'ai de l'éducation madame. Non, là, on peut dire que c'est raté. Je me suis amusée, j'ai pas été l'exigence née (je sais qu'il ne faut pas le dire. Mais je vais pas non plus vous mentir). J'ai écrit pour ma meilleure amie en écrivant pour moi  (ça a l'air bizarre dit comme ça, mais elle et moi on se comprend. Enfin j'espère) et en faisant une de ces grandes histoires sous forme de petit récit qui me plait bien. Et ça a rempli son objectif premier.

Mais là on est en train de sortir de cet objectif (bon sang mais des gens qui ne sont PAS de ma famille achètent mon roman sur Amazon. Sortez-moi de cette réalité fantasmée, je sais à présent qu'il y a un bug dans la matrice).

Voilà déjà pour en savoir plus sur le contenu global, pas l'histoire mais l'idée de ce que c'est que ce truc. Dans le prochain post (haha ! Hem bref), je vais expliquer pourquoi l'écriture (elle aussi !) c'est du grand n'importe quoi et ça plaira donc à certains et pas du tout à d'autres (c'est dans la même idée que ce que j'explique là, mais ça commençait à faire long). Et après j'ai le droit à une glace.

Commentaire(s):

  1. Re bonjour, je suis le lecteur masqué.
    Encore une fois après les explications de l'auteur, l'impression d'un lecteur.

    Ce qu'il faut comprendre donc, c'est que c'est un livre qui te ressemble et que donc ça ne plait ou ça ne plait pas... Je pense qu'il en est de même pour tous les auteurs, pour toute la vie.
    Perso, je partage les même sentiments concernant la littérature fantastique. Trop d'incohérences, des personnages pas assez crédibles ou pas assez réalistes, et je pique une crise et lâche le bouquin. Pas de ça ici. C'est peut-être pas une grande saga épique mais c'est cohérent, c'est réaliste et fantastique à la fois. C'est sympa.

    Ca plaira à tous ceux qui ont une grande expérience de la Fantasy et ne voient que trop souvent les incohérences, recherche quelque chose de différents, de plus proche de nous afin de vraiment croire que ça puisse arriver =)

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